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Les jeux psychologiques : victime, persécuteur ou sauveur ?

  • Photo du rédacteur: Anacoaching
    Anacoaching
  • 21 oct. 2021
  • 3 min de lecture

Dernière mise à jour : 8 août



Certains conflits reviennent, encore et encore, sans qu'on comprenne pourquoi. Et si c'était un jeu que l'on rejoue sans le savoir ?



Le triangle dramatique de Karpman


Il nous arrive à toutes et à tous de vivre des malentendus qui s'éternisent et reviennent, avec un parent, un(e) conjoint(e), un(e) ami(e). Le dialogue devient impossible, ou du moins épuisant, sans qu'on comprenne vraiment ce qui se rejoue là.


Bien souvent, sans que personne ne l'ait vraiment cherché, s'enclenche ce que l'on appelle un jeu psychologique. Le psychiatre Stephen Karpman l'a résumé dans une image devenue célèbre : le triangle dramatique. Chacun y tient l'un de trois rôles, la victime, le persécuteur ou le sauveur. Rien n'est figé pour autant. On passe d'un rôle à l'autre selon les situations et selon la personne en face.


Une précision s'impose ici, car elle compte. Le rôle de victime dont parle Karpman n'a rien à voir avec le fait d'être réellement victime d'une situation. Il existe des violences, des injustices, des situations de harcèlement où l'on est authentiquement victime, où ce statut est bien réel et mérite d'être reconnu et protégé. Ce dont il est question dans les jeux psychologiques est tout autre chose : une position que l'on adopte parfois malgré soi, dans certaines relations du quotidien, et dont on peut apprendre à sortir.



Trois rôles, un même scénario


Le scénario se joue presque toujours de la même manière. La victime exprime sa détresse mais peine à se tourner vers une solution, comme si en résolvant son problème elle risquait de perdre sa place. Le sauveur vole à son secours sans vérifier ce dont elle a besoin. À force de ne pas y parvenir, il s'agace et se mue en persécuteur pour provoquer un déclic. La victime contre-attaque et devient persécutrice à son tour, tandis que l'ancien sauveur se retrouve victime. La boucle est bouclée.


La victime se comporte comme si elle n'avait pas les ressources pour s'en sortir. Face à elle, plutôt que de proposer des solutions qui ne viendraient pas d'elle, demandez-lui comment elle pourrait, elle, s'en sortir. Le sauveur, lui, croit agir par pure gentillesse, alors qu'il cherche souvent à se sentir aimé et utile à travers son aide. Le persécuteur, enfin, est persuadé de savoir : il dirige, dévalorise, parfois infantilise l'autre.



Sortir du jeu


« Voir le jeu qui se joue, ce n'est pas se blâmer. C'est retrouver un peu de liberté. »


La plupart du temps, ces jeux se jouent sans qu'on s'en aperçoive. C'est en y mettant de la conscience qu'on peut en sortir, et arrêter la partie. Le plus troublant, c'est qu'on attire souvent les partenaires de jeu qui nous permettent de rejouer nos vieilles stratégies. On ne joue pas n'importe quel jeu, avec n'importe qui, sans raison.


Pour repérer si vous êtes pris(e) dans ce type de relation, quelques questions valent la peine d'être posées. Qu'est-ce que j'attends vraiment, ici ? Y a-t-il un objectif caché derrière mon comportement ? Quel rôle ai-je tendance à endosser, et lequel joue la personne en face ? Quelle est ma part de responsabilité ? Et qui, de mon passé, cette personne vient-elle réveiller ?


Vous reconnaissez un de ces rôles dans vos relations ? En prendre conscience est un début, et c'est un travail qu'on peut mener ensemble en séance.


Ana



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